Cycle de conférences 2016

 

Contexte

La santé mentale, point de départ de notre réflexion, reste une notion à discuter et son articulation aux politiques urbaines et d’action sociale, un objet à construire. Cela passe par un travail d’éclaircissement, de définition et de problématisation.

A l’origine, issue du champ psychiatrique, la notion de santé mentale a été considérée comme une notion qui permettait de dé-stigmatiser ce qui était autrement désigné comme maladie mentale ou troubles psychiques.

Depuis quelques décennies on a assisté à un élargissement de la notion qui s’est accompagné d’une déclinaison spécifique dans l’action publique. Ce champ encore inachevé, voire indéterminé, semble défini en creux par l’idée que la santé mentale ne se limite pas au traitement des maladies mentales mais qu’elle concerne aussi d’autres manifestations telles que les souffrances psychiques et psychosociales. Face à ce double élargissement, les réactions sont contrastées :

Pour certains, la notion de santé mentale constitue un outil de décloisonnement où la clinique1, les sciences humaines, l’économique et le politique tissent une toile complexe (Laval 2009, Laval 2005).

Pour d’autres, elle aurait pour travers de permettre une association généralisée entre souffrance sociale et souffrance psychique, la pathologisation de la question sociale, et une lecture exclusivement psychique de cette dernière enfermant dans une perception médicale et compassionnelle, vide en terme d’analyse. (Fassin 2004) Cette association serait facilitée par un changement de paradigme dans notre monde moderne, moins de lien social et un individu surchargé de responsabilités et d’épreuves feraient naître des « pathologies de l’autonomie » (Ehrenberg 1996).

Sans trancher hâtivement ce débat, force est de constater que cette catégorie, reste floue et imprécise et qu’elle mérite d’être déconstruite et analysée.

1 L’expression « clinique » utilisée en psychiatrie, en psychologie ou en psychanalyse, fait référence à l’étude approfondie des « cas individuels ». Les racines de cette expression proviennent du monde médical « au plus près du lit du malade », elles renvoient aux liens et à la relation qui se tisse entre le médecin et son patient.

Objectifs des conférences

  • Faire un état des lieux de l’émergence de la notion « santé mentale » en lien avec les questions de précarité.

  • Eclaircir les conditions de développement de cette catégorie au sein de l’action publique et ses liens avec l’idée d’une massification de la précarité.

Calendrier (les dates, les lieux et les modalités d’inscription vous seront communiqués ultérieurement)

  • La première conférence cherchera, à partir d’une généalogie du concept de la santé mentale, à déconstruire ce concept et à interroger sa place dans nos sociétés actuelles (Intervenante Anne Lovell, sous réserve).

  • La seconde conférence se penchera sur les effets de cette notion dans les reconfigurations du travail social aujourd’hui.

 

Références :

Ehrenberg Alain, L’individu incertain, Calmann-Lévy, 1996

Fassin, Didier. 2004. Des maux indicibles: sociologie des lieux d’écoute. Paris, France: la Découverte.

Furtos Jean, Contexte de précarité et souffrance psychique : quelques particularités de la clinique psychosociale, Soins Psychiatrie, n°204, septembre-octobre 1999

Laval Christian , 2005. La santé mentale : une exigence de débat démocratique, Etudes, recherches, actions en santé mentale en Europe.

 

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